[Le trompe-l’œil est comme, son nom l’indique, destiné à tromper l’œil et trouve son origine dans la peinture.
Cette illusion que provoque un objet peint doit alors beaucoup aux techniques de la perspective et du clair-obscur.
En art décoratif, cette « tromperie des yeux » va prendre des formes très diverses. Certains supports comme le papier peint seront le support idéal de cette forme d’expression. Du plus modeste au plus somptueux, ils imitent
tous les matériaux : le bois, la laque, les carreaux, la paille, le velours jusqu’aux tableaux avec leurs cadres.
Le motif économique est bien sûr le ressort de beaucoup d’imitations.
A ce jeu de substitution, on observe, à travers les siècles, que de nombreuses matières vont être imitées par d’autres : la céramique jaspée imite le jaspe,la céramique émaillée imite l’or, le strass imite le diamant, le linoleum le plancher… Ce jeu des illusions connaît une variante au XIXe siècle où, historicisme oblige, ce ne sont pas seulement les matières que l’on imite mais aussi les motifs. La célèbre Grammaire de l’Ornement
d’Owen Jones, comme son équivalent français l’Ornement polychrome d’Albert Racinet, fournissent de nombreux motifs
moyenâgeux, mauresques… aux créateurs du XIXe siècle. La mode n’est pas en reste et, est le théâtre des illusions les plus folles. Du XVIIIe au XIXe siècle, perruques, tournures, faux-cul sont là pour tromper son monde.
Au XXe siècle, l’illusion touche moins la forme que le textile et apparaissent fausses usures, fausses poches, faux boutonnages… Comme un jeu de piste à travers les siècles et les matières, c’est au grand jeu de l’illusion
que nous convie cette exposition, en d’autres termes le « vertige de l’imitation »]